Lutte contre le Paludisme : le vaccin nouvellement lancé est une arme pour battre le fléau qu’est cette maladie !  

  Ce mercredi, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a annoncé le déploiement massif du tout premier vaccin antipaludique. Quoiqu’il ne pourra pas seul éradiquer le paludisme, ce vaccin reste une arme puissante que l’organisation onusienne qualifie d’ailleurs de « fait historique ».

Un tout premier vaccin du genre

Le paludisme ou la malaria est responsable d’environ 400 000 décès à travers le monde, dont 94 % en Afrique. Elle se manifeste par la fièvre, les maux de tête et les douleurs musculaires accompagnés des cycles de fièvres et des frissons.

Pendant longtemps, les scientifiques se sont bousculés dans les laboratoires pour trouver une formule préventive, mais cette dernière est restée comme un secret enfoui. On estime à plus de 100 candidats-vaccins, le nombre total de vaccins testés chez l’homme pour arriver à bout du plasmodium falciparum, le parasite responsable du paludisme. Les résultats, jusque-là, sans effet convaincant.

« Il s’agit ici de développer un vaccin contre un parasite, et pas contre un virus. Et cela rend la tâche bien plus difficile », évoque auprès de  24 Benoît Gamain, directeur de recherche au CNRS. Il développe : « Le parasite est un organisme complexe, avec plus de 5 000 gènes à prendre en compte, contre des dizaines pour un virus. C’est donc plus compliqué de trouver les bonnes cibles pour développer un vaccin efficace ». Et pour réussir à élaborer un vaccin « il faut que la protéine ciblée par le vaccin ne mute pas. Or, les parasites sont très doués, plus que les virus, pour échapper à la réponse immunitaire de l’hôte », a déploré Benoit Germain.

Le seul vaccin qui a réussi à se démarquer est le Mosquirix ou RTS, mis au point par le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK). Les scientifiques travaillent dessus depuis plus de 30 ans et il reste le plus avancé à ce jour.

Efficace à 30 %

Les essais cliniques réalisés avec le vaccin Mosquirix ont montré qu’il « réduit le paludisme sous sa forme grave de 30 % », a souligné Kate O’Brien, directrice du département Vaccination à l’OMS. Depuis 2019, plus de 2,3 millions de Mosquirix ont été administrés à des enfants au Ghana, au Kenya et à Malawi. Ces essais ont notamment conduit au résultat évoqué par la directrice de la vaccination de l’OMS.

En effet, les essais cliniques de phase 3 ont prouvé que le vaccin prévient 4 cas de planisme sur 10 lorsqu’il est administré en quatre doses, et 3 cas sur 4 de paludisme grave menaçant le pronostic vital. Il reste, à cet effet, le seul vaccin qui a pu montrer une efficacité pour réduire le nombre de cas.

Pour le moins, il s’agit d’un arsenal de plus dans l’arsenal antipaludique. « L’annonce de l’OMS signe donc une avancée historique, car c’est la première fois qu’un vaccin parasitaire va être déployé à grande échelle. Mais pour autant, avec son efficacité limitée, ce n’est pas le vaccin idéal », a précisé Benoît Gamain. « Cela ne va pas révolutionner la santé en Afrique subsaharienne, mais il faut le voir comme une nouvelle arme dans la lutte contre la malaria », a conclu le scientifique.

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